Services publics dans les zones de conflits

Présentation de Yamina MEGHRAOUI, SNAPAP, Algérie, lors de la 61ème session de la Commission sur la condition de la femme des Nations Unies, à New-York, en mars 2017

 État des lieux

Il est pratiquement indécent de parler d’autonomisation des femmes lorsque leur seul besoin est de protéger leurs enfants et leurs proches, et de fuir la mort pour une survie incertaine. En zone de conflits armés, les infrastructures de base – autrement dit les services publics – sont visées et détruites en premier lieu. La destruction massive des infrastructures de base, notamment les moyens de distribution d’eau, les structures de santé, les écoles, les sources énergie, les moyens d’approvisionnement et de ravitaillement en nourriture, rendent encore plus difficile cette survie dans les zones de conflits armés.

En zones de conflits armés, il est difficile d’évaluer le taux d’individus vulnérables victimes de maladies mortelles ou handicapantes, tels que les femmes, les enfants et les vieillards, en raison de l’absence de protection sanitaire, comme la vaccination.

Commission sur la condition de la femme des Nations Unies

En mars 2016, durant l’évènement organisé par l’ISP lors de la 60ème session de la CCF, le premier pas a consisté à donner l’information sur ce qui se passe dans les zones de conflits armés.

Il était impérieux d’alerter les participantes sur la problématique des conflits en Palestine, en Irak, en Syrie, en Libye et au Yémen, où les guerres dévastatrices font chaque jours des victimes parmi les femmes et les enfants.

La 61ème conférence retient pour la 2ème fois l’autonomisation des femmes à un moment où les ressources naturelles, l’eau, l’environnement et l’agriculture sont dévastées, où les infrastructures de base sont anéanties et les services publics inexistants.

Situation des femmes en zone de conflits

Les femmes qui échappent aux bombardements qui sèment la mort, très souvent meurtries par la perte d’un ou de plusieurs proches, traversent souvent plusieurs pays, sinon des continents, en compagnie de leurs enfants, sans nourritures, sans abris ni soins, étant forcées à l’exil. Dans leur traversée vers les régions lointaines, elles sont souvent confrontées à la mort, à la violence et à la maltraitance pour finalement échouer dans un camp pour refugiés. Loin d’être découragées, des femmes syndicalistes comme Nermine Sharif en Libye, deux fois victime de tentative de meurtre, Ratiba en Irak, Aicha et d’autres femmes leaders syndicalistes en Palestine continuent à lutter tous les jours pour la paix et la justice sociale.

Situation des enfants en zone de conflits

D’après un rapport de l’UNICEF publié récemment, l’intensification du conflit et les troubles politiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord empêchent plus de 13 millions d’enfants de se rendre à l’école.

Les attaques contre les écoles et les infrastructures scolaires (parfois intentionnelles) sont l’une des raisons majeures de l’absentéisme scolaire. Rien qu’en Syrie, en Iraq, au Yémen et en Lybie, près de 9.000 écoles sont hors d’usage parce qu’elles ont été endommagées ou détruites, sont utilisées comme abris pour les populations déplacées ou sont sous le contrôle des parties au conflit.

C’est aussi un sentiment de peur qui pousse des milliers d’enseignants à abandonner leur poste et des parents à ne pas envoyer leurs enfants à l’école à cause de ce qui pourrait arriver sur le chemin de l’école… ou même à l’école…

  • En Jordanie, au Liban et en Turquie, plus de 700.000 enfants réfugiés syriens ne peuvent pas aller à l’école car les institutions scolaires sont surchargées et ne peuvent pas gérer le nombre grandissant d’écoliers.
  • « Tous les enfants de la région ressentent les effets destructeurs du conflit », explique Peter Salama, le directeur régional pour l’UNICEF au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. « Ce ne sont pas seulement les dégâts physiques survenus dans les écoles, c’est surtout le désespoir ressenti par une génération d’écoliers qui voit ses espoirs et son avenir brisés en mille morceaux ».

Un contexte très tendu dans la gestion de l’eau en Syrie et en Irak

En Irak, si les batailles sont localisées stratégiquement autour des ressources pétrolières, la maîtrise des ressources en eau sont très disputées par les belligérants. Les barrages d’eau, situés sur deux grands fleuves régionaux qui sont le Tigre et l’Euphrate, ont subi le plus grand nombre de frappes aériennes par la coalition. Toutes les cités ont pour point commun d’être liées à un grand barrage fluvial et constituent à ce titre des points névralgiques dans les réseaux de distribution d’eau et d’électricité en Syrie et en Irak. La Libye est encore sous le contrôle des milices qui se battent pour s’accaparer des puits de pétrole, seule et ressources de financement des services publics.

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